
Vous occupez un poste en CDI, vous avez repéré une formation qui vous intéresse, et la première question qui surgit concerne le prix. Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs permettent de financer tout ou partie d’une formation professionnelle sans quitter son emploi. Le choix du bon levier dépend du type de formation visé, de son coût et de votre ancienneté.
Reste à charge CPF : ce qui a changé depuis 2024
Avant de passer en revue les dispositifs, un point mérite votre attention. Le Compte Personnel de Formation n’est plus totalement pris en charge. Une participation de 150 euros est désormais exigée pour chaque mobilisation du CPF. Ce reste à charge, instauré à 100 euros puis relevé, modifie la façon d’aborder le financement d’une formation quand on est salarié.
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Concrètement, si votre solde CPF couvre le prix de la formation, vous devrez quand même sortir 150 euros de votre poche. Cette somme peut paraître modeste, mais elle s’ajoute aux éventuels frais annexes (transport, hébergement). Pensez à vérifier si votre employeur accepte de prendre en charge cette participation via un abondement volontaire.
Un salarié qui souhaite savoir comment financer une formation en cdi doit donc d’abord consulter son solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr, puis évaluer le reste à financer après déduction de ses droits et de la participation obligatoire.
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CPF et plafonds par type de formation : les limites à connaître
Votre compte CPF est alimenté à hauteur de 500 euros par an, plafonné à 5 000 euros. Pour les salariés les moins qualifiés, ce montant passe à 800 euros par an avec un plafond de 8 000 euros. Ces chiffres donnent une base solide, mais ils ne racontent pas toute l’histoire.
Depuis 2026, l’usage du CPF est plafonné selon le type de prestation. Exemple parlant : un bilan de compétences ne peut être financé par le CPF qu’à hauteur de 1 600 euros. Si le prestataire facture davantage, la différence reste à votre charge ou doit être couverte par un autre dispositif.
Pourquoi c’est utile de le savoir ? Parce que beaucoup de salariés découvrent ce plafonnement au moment de valider leur dossier. Vérifier le type de certification visée (RNCP ou RS) et le plafond associé avant de s’engager évite les mauvaises surprises.
Projet de Transition Professionnelle : financer une formation longue sans perdre son salaire
Le CPF couvre bien les formations courtes. Pour une reconversion ou une montée en compétences qui demande plusieurs mois, le Projet de Transition Professionnelle (PTP) est le dispositif le plus protecteur. Il vous permet de suivre une formation certifiante tout en conservant votre contrat de travail et une rémunération.
Conditions d’accès au PTP pour un salarié en CDI
Vous devez justifier d’une ancienneté minimale : 24 mois d’activité salariée, dont 12 mois dans votre entreprise actuelle. La formation visée doit être certifiante et inscrite au RNCP ou au Répertoire Spécifique.
La demande passe par votre employeur (qui ne peut refuser que pour report, pas sur le fond) puis par la commission paritaire interprofessionnelle régionale, qui évalue la cohérence de votre projet. La commission examine trois critères principaux :
- La pertinence du projet professionnel par rapport à votre parcours et au marché de l’emploi local
- La qualité du parcours de formation choisi et de l’organisme retenu
- Les perspectives d’emploi ou d’évolution concrètes à l’issue de la formation
Un dossier bien préparé, avec des recherches sur les débouchés du métier visé, fait la différence. Les commissions reçoivent plus de demandes qu’elles n’en financent.
Rémunération pendant un PTP
Votre salaire est maintenu en totalité ou en grande partie pendant toute la durée de la formation. Pour les salaires inférieurs ou égaux à deux fois le SMIC, le maintien est intégral. Au-delà, un pourcentage s’applique. Ce maintien de rémunération distingue le PTP de la plupart des autres dispositifs.
Plan de développement des compétences et OPCO : faire financer par l’employeur
Vous n’avez peut-être pas besoin de financer vous-même. Votre employeur dispose d’un budget formation via le plan de développement des compétences. Ce plan regroupe toutes les actions de formation que l’entreprise décide de mettre en place pour ses salariés.
La démarche est simple : vous identifiez une formation utile à votre poste ou à votre évolution, vous en parlez à votre manager ou au service RH, et l’entreprise décide de l’intégrer ou non à son plan. La formation se déroule alors sur le temps de travail, avec maintien de salaire.
Ce que beaucoup de salariés ignorent, c’est le rôle de l’OPCO. Chaque entreprise cotise auprès d’un Opérateur de Compétences (OPCO) qui peut cofinancer les formations du plan de développement des compétences. Les PME de moins de 50 salariés sont les principales bénéficiaires de ces cofinancements. Si votre entreprise entre dans cette catégorie, les chances d’obtenir une prise en charge partielle ou totale augmentent nettement.

Combiner plusieurs financements pour couvrir le coût total
Un seul dispositif suffit rarement pour les formations les plus coûteuses. La stratégie la plus efficace consiste à combiner CPF, abondement employeur et financement OPCO sur un même projet.
Voici un exemple de combinaison réaliste :
- Mobiliser son solde CPF pour couvrir la base du coût pédagogique
- Demander un abondement volontaire à l’employeur pour compléter le CPF (l’entreprise verse directement sur votre compte CPF)
- Solliciter l’OPCO de l’entreprise pour un complément, surtout si la formation correspond aux priorités de la branche professionnelle
- Utiliser le PTP si la formation est longue et certifiante, en complétant avec le CPF pour les frais annexes
La clé est de commencer les démarches plusieurs mois avant le début de la formation. Les délais de traitement des dossiers PTP ou OPCO dépassent souvent huit semaines.
Le financement d’une formation en CDI se construit rarement en une seule étape. Consulter son solde CPF, identifier le bon dispositif selon la durée et le type de formation, puis discuter avec son employeur des possibilités d’abondement : cette séquence, prise dans l’ordre, évite de laisser un reste à charge inutile. Les dispositifs existent, encore faut-il les activer au bon moment.